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Catégorie : Fospi

RETRAITE FOSPI – “Espérer contre toute espérance”

RETRAITE FOSPI – “Espérer contre toute espérance”

RETRAITE FOSPI

WEEK-END 17-18-19 OCTOBRE 2014
Espérer contre toute espérance
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« L’Espérance ! Le tort de beaucoup de chrétiens aujourd’hui, c’est d’espérer peu. » Frédéric Ozanam
« Vulnérable et magnanime dans un monde blessé, Ozanam avoue parfois une immense déception que sa foi chrétienne transforme en espérance. » Extrait du livre: Frédéric Ozanam et la civilisation de l’amour (Léon de Lanzac de Laborie, Eugène Duthoit)
Comme chaque année, la FOSPI vous propose un temps de retraite dans le monastère bénédictin de Wavreumont.
L’espérance sera cette année le second des trois thèmes qui correspondent aux trois vertus: espérance, foi et charité (Co,13:13).
Comme toujours, l’accent sera mis sur la prière des moines, sur les temps de silence et de partage, et sur la convivialité vincentienne.
ACCUEIL: vendredi 17 octobre de 17h00 à 18h00
FIN: dimanche 19 octobre à 16h00
PAF: 60,00 EUR
ADRESSEMonastère Saint-Remacle, Wavreumont 9, 4970 Stavelot
TÉLÉPHONE080/862.318
Merci d’ apporter si possible gants et serviettes de toilette, taie d’oreiller, draps de lit ou sac de couchage (tous les lits sont d’une personne). Il est généralement prudent de se munir de vêtements chauds.
 
FORMATION & SPIRITUALITÉ: Adrien de Vrees (président), Abbé Michel Goeman (aumônier), Robert Boel, Michèle Delvaux, Anne-Marie Courtois, Léon Even, Olivier Lendo, Etienne Nolf, Christiane Preudhomme.
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La Résurrection

La Résurrection

Piero della Francesca, Résurrection du Christ, v.1454, Borgo San Sepolcro
Piero della Francesca, Résurrection du Christ, v.1454, Borgo San Sepolcro

TRADITION

Le récit de la Résurrection figure dans les quatre Evangiles (Mt 28, 1-10 ; Mc 16, 1-8 ; Lc 24, 1-9 ; Jn 20, 1-18), avec des variantes.

Trois jours après la Passion, le sabbat terminé, les Saintes Femmes se rendent au tombeau du Christ avec des aromates pour l’embaumer. Elles se demandent qui roulera la lourde pierre qui ferme le sépulcre. Or, elles trouvent celui-ci ouvert et un jeune homme vêtu d’une robe blanche leur annonce : “Vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié : il est ressuscité”. Réssuscité au matin du premier jour de la semaine, Jésus apparaît d’abord à Marie Madeleine, qui le prend pour un jardinier.

La Pâque chrétienne commémore la Résurrection du Christ ; cette fête de Pâques est la fête principale du calendrier chrétien : l’année liturgique s’organise à partir et autour d’elle.

REPRÉSENTATIONS

A l’époque paléochrétienne, la Résurrection n’est pas figurée mais évoquée de manière symbolique, aux IVe et Ve siècles, la croix avec le monogramme du Christ symbolise la victoire du Réssuscité sur la mort. Cette tendance au symbolisme, inhérente à la méditation chrétienne, ne disparaît pas entièrement au cours du Moyen Age. En Occident, depuis le IXe siècle, le soleil symbolise la Résurrection (Psautier d’Utrecht, v. 930). 
Au XIVe siècle, le Réssuscité est présenté par une apparition lumineuse ; à partir du XVIe siècle, par un lever de soleil sur un paysage (Altdorfer, 1518, Vienne, “Kunsthitorisches Museum”).

La Résurrection a une très riche iconographie, qui peut être étudiée chronologiquement, selon les épisodes retenus par les artistes, ou selon la nature des œuvres qui ont perpétué la tradition. Une longue tradition est offerte par les psautiers et les livres d’heures.

Le processus de l’événement ne semble pas être figuré avant le XVe siècle : le Christ sortant du tombeau est de face, et lève souvent la main droite dans le geste de la bénédiction. Ce type prédomine dans l’art allemand, du haut Moyen Age au XIVe siècle, et se répand en Italie au XVe siècle : le Christ sort en vainqueur du tombeau (Piero della Francesca, v. 1454, pinacothèque de Borgo San Sepolcro).

Le Christ, dont l’extrémité de la hampe de l’étendard repose sur le dessus du sépulcre, se détache sur un paysage des confins de la Toscane et de l’Ombrie. Le tombeau est mis en rapport avec un autel (comme dans l’Assomption de Marie). De part et d’autre, des anges armés de cierges balancent des encensoirs, établissant une parenté iconographique avec les cérémonies liturgiques de Pâques. La tendance au réalisme qui s’affirme au XIVe et au XVe siècle coïncide avec l’invention de la perspective ; elle est associée au souci de respecter le mystère transcendant de l’événement.

Le thème du Christ planant au-dessus du tombeau apparaît au XIVe siècle en Italie, se développe à la Renaissance et perdure aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les artistes adoptent tantôt une interprétation hiératique, tantôt un style plus libre. La première œuvre connue en Italie est une fresque d’Andrea da Firenze (1365, église Santa Maria Novella à Florence). Ghiberti (baptistère, Florence, 1424); Le Tintoret, 1587, Scuola di San Rocco à Venise) reprennent ce thème.

Un type cher à la Renaissance présente le Christ debout sur le tombeau, sans doute en écho à un usage pascal où l’on dressait une statue du Christ sur l’autel (Dürer, Passion, 1512). Le tombeau a souvent l’aspect d’une grotte rocheuse. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, ce type est privilégié, comme symbole de l’élévation du Christ. Il est aussi debout devant le tombeau vide.

Les gardes du tombeau (Mt 28, 4)

Mentionnés seulement par Matthieu, les gardes sont en petit nombre (deux ou trois) dans les œuvres du haut Moyen Age, et sont assoupis. Plus nombreux à partir du XIVe siècle, ils occupent une plus grande place. Aveuglés par la lumière intense de l’apparition, ils sont en proie à la peur. A partir du XVe siècle, leur attitude et leurs gestes deviennent de plus en plus pathétiques. Vêtus de manière anachronique, ils empruntent leurs armes et leurs vêtements au contexte contemporain des artistes (Noël Coypel, Résurrection du Christ, 1700, Rennes).

Noël Coypel, Résurrection du Christ, 1700, Rennes
Noël Coypel, Résurrection du Christ, 1700, Rennes

Sources : D’après “La Bible et les Saints, Guide Iconographique”, Flammarion, 1990.

Quelques remarques à propos de “La Résurrection du Christ” de Pierro della Francesca, Borgo San Sepolcro, Pinacoteca Comunale.

Le Christ tient à la main un l’étendard blanc frappé de la croix rouge, symbole de la Résurrection. 
Piero della Francesca a choisi la version statique, silencieuse et solitaire de la scène, sans l’apparition d’aucune figure céleste, le Christ se tenant immobile dans une pose frontale : la Résurrection marque un changement radical dans l’histoire de l’homme, qu’elle divise en deux époques, avant et après. 
Le sarcophage a ici son importance : Piero della Francesca a en effet exécuté cette fresque pour sa ville natale, Borgo San Sepolcro, dont le nom et les armoiries font référence au sépulcre du Christ. 
Les quatre soldats sont profondément endormis. 
Le paysage, Pour moitié dépouillé, pour moitié verdoyant, illustre la rédemption des péchés et la vie nouvelle apportée au monde par la mort et la résurrection du Christ.

Sources : Stefano Suffi, Le Nouveau Testament, Repères iconographiques, Hazan, 2003.

 

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Chercher et trouver Dieu

Chercher et trouver Dieu

Pape_Francois

 

 

Si quelqu’un dit qu’il a rencontré Dieu avec une totale certitude et qu’il n’y a aucune marge d’incertitude, quelque chose ne va pas.  C’est pour moi une clé importante.  Si quelqu’un a la réponse à toutes les questions, c’est la preuve que Dieu n’est pas avec lui.  Cela veut dire que c’est un faux prophète qui utilise la religion à son profit.  Les grands guides du peuple de Dieu, comme Moïse, ont toujours laissé un espace au doute.  Si l’on doit laisser de l’espace au Seigneur, et non à nos certitudes, c’est qu’il faut être humble.  Le risque de chercher et trouver Dieu en toutes choses est donc la volonté de trop expliciter, de dire avec certitude humaine et arrogance : « Dieu est ici. »  Nous trouverons seulement un dieu à notre mesure.  L’attitude correcte est celle de saint Augustin : chercher Dieu pour le trouver et le trouver pour le chercher toujours.
Notre vie ne nous est pas donnée comme un livret d’opéra où tout est écrit ; elle consiste à marcher, cheminer, agir, chercher, voir …  On doit entrer dans l’aventure de la recherche, de la rencontre, et se laisser chercher et rencontrer par Dieu.
Pour ma part, j’ai une certitude dogmatique : Dieu est dans la vie de chaque personne.  Dieu est dans la vie de chacun.  Même si la vie d’une personne a été un désastre, détruite par les vices, la drogue ou autre chose, Dieu est dans sa vie.  On peut et on doit le chercher dans toute vie humaine.  Même si la vie d’une personne est un terrain plein d’épines et de mauvaises herbes, c’est toujours un espace dans lequel la bonne graine peut pousser.  Il faut se fier à Dieu.
 
Pape François

(Aux revues culturelles jésuites)

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RAPPEL !!! FOSPI

RAPPEL !!! FOSPI

Eveil,  découverte et … envol  des Pauvres !

Des mouvements de jeunes pour des jeunes nous interpellent. Ils nous rappellent l’esprit qui animait les fondateurs de la SSVP  !

Comment aider les jeunes  à développer leurs compétences humaines et sociales ? Comment les éveiller à la solidarité et à l’engagement citoyen ?  Comment accueillir et éduquer dans le respect des cultures et des religions ? Réussites et difficultés !

Des objectifs et des méthodes,  des pistes et des témoignages qui intéresseront les Vincentiens désireux d’aborder l’angle de l’éducation permanente des jeunes de familles démunies.

Parmi les intervenants : la Conférence des Etudiants de Liège ,  des permanents de la Fédération Nationale des Patros,  un accompagnateur adulte d’un patro de Verviers ,un membre de la commission pédagogique et animateur au patro de Marcinelle.

Quand ? Le samedi 23 mars 2013 .

Où ? Au Mont de la Salle ,   Avenue d’Huart, 156  à  5590  Ciney.

Ordre du jour :  Dès 9h30   Accueil .  10h   Prière et  introduction .

10h15 à 12h30    Entretiens, témoignages, débat.

12h30  Un lunch est offert à qui  le souhaite.

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FOSPI: Eveil, découverte et … envol des Pauvres !

FOSPI: Eveil, découverte et … envol des Pauvres !

Des mouvements de jeunes pour des jeunes nous interpellent. Ils nous rappellent l’esprit qui animait les fondateurs de la SSVP

Comment aider les jeunes  à développer leurs compétences humaines et sociales ? Comment les éveiller à la solidarité et à l’engagement citoyen ?  Comment accueillir et éduquer dans le respect des cultures et des religions ? Réussites et difficultés !

Des objectifs et des méthodes,  des pistes et des témoignages qui intéresseront les Vincentiens désireux d’aborder l’angle de l’éducation permanente des jeunes de familles démunies.

Parmi les intervenants : la Conférence des Etudiants de Liège ,  des permanents de la Fédération Nationale des Patros,  un accompagnateur adulte d’un patro de Verviers ,un membre de la commission pédagogique et animateur au patro de Marcinelle.

Quand ? Le samedi 23 mars 2013 .

Où ? Au Mont de la Salle ,   Avenue d’Huart, 156  à  5590  Ciney.

Ordre du jour :  Dès 9h30   Accueil .  10h   Prière et  introduction .

10h15 à 12h30    Entretiens, témoignages, débat.

12h30  Un lunch est offert à qui  le souhaite.

Inscriptions

Par Email: fospi@vincentdepaul.be

Par téléphone: chez Christiane Preud’homme  Tél : 04 275 12 74

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Rappel – FOSPI: L’enseignement, tremplin d’émancipation pour les Pauvres – Samedi 29/09/12

Rappel – FOSPI: L’enseignement, tremplin d’émancipation pour les Pauvres – Samedi 29/09/12

NOUVELLES CONFÉRENCES FOSPI

Samedi 29 septembre 2012

L’enseignement, tremplin d’émancipation pour les Pauvres

Notre fondateur Frédéric Ozanam nous encourage à tirer les pauvres vers le haut en droit et en dignité.  Avec ses premiers compagnons, à contre-courant des mentalités de son temps, il a soutenu le principe d’une instruction scolaire pour tous, l’organisation d’un enseignement pour toutes les classes sociales.  L’enseignement est encore aujourd’hui un chemin possible pour les pauvres vers un meilleur destin.  L’enseignement peut rompre l’héritage de la misère d’une génération à l’autre.  La Société de Saint-Vincent-de-Paul a une place à prendre dans cet enjeu majeur de la lutte contre la pauvreté, en ces temps de crises économiques où l’accès à l’enseignement devient onéreux et élitaire.  Resterons-nous les bras croisés ?
Pour développer ce thème important, nous aurons l’honneur d’accueillir Monsieur Joseph Lempereur du Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique (SeGEC), José Soblet étant finalement empêché.  Son intervention sera complétée par le témoignage de Soeur Marie-Thérèse Delrez qui oeuvre auprès des familles défavorisées de Seraing.
Nouvel horaire !!!
Uniquement la matinée. Fin après le repas.
Accueil: 9h30 – Conférence: 10h00 – Repas: 12h30
Veuillez préciser si vous participez au repas
Adresse du jour:
Mont de la Salle
156, Avenue d’Huart, 5590 CINEY
Tél. 00 32 (0)83.21.29.42
Fax. 083.21.23.79
Participation aux frais:
gratuit
Inscription:
Par courriel: fospi@vincentdepaul.be
Merci de laisser un message vocal clair et précis: 0496/835.581
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Nouvelles de la FOSPI

Nouvelles de la FOSPI

Désormais vous trouverez toutes les informations relatives aux activités de la FOSPI sur la page « Calendrier FOSPI » (vous trouverez aussi le lien dans la barre de menu tout en haut de cette page).
Pour être informé régulièrement des nouvelles activités, il vous suffit de cliquer sur le lien « par courriel » en haut à droite.
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La Résurrection

La Résurrection

… Il est ressuscité ! Dans un flot de lumière

Du sépulcre en éclats il fait voler la pierre,

Il s’élève, il s’élance, il est ressuscité !

Hosanna dans l’espace et dans l’éternité !

Un jour éblouissant succède à la nuit noire ;

Il monte, enveloppé d’un tourbillon de gloire,

Et sa face revêt, au sortir du sommeil,

O neige, la blancheur, et ta flamme, ô soleil !

Il est ressuscité ! Dans son divin suaire

Le Saint des Saints retourne au triple Sanctuaire ;

Mais il lègue le pain et l’eau vive, son sang

Et sa chair, et sa Croix à l’homme renaissant,

Cent miracles sacrés, son amour, sa justice,

Et le dernier pardon du haut de son supplice !

Et tout est accompli : le monde est racheté !

Hosanna dans l’espace et dans l’éternité !

O Justes, qui dormiez, attendant sa venue,

Le jour libérateur éclate à votre vue ! …

 

extrait de “La Passion du Christ”, poème de  Leconte de Lisle

Resurrection, Jacopo Robusti dit Tintoretto, 1581

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Si Vincent de Paul avait calculé…

Si Vincent de Paul avait calculé…

Dans  “Le goût de la vie”,  (Edition Le Centurion), André Sève exhorte  ses lecteurs au  goût de vivre et au goût de faire vivre.

Les quelques  lignes, extraites de  cet ouvrage, interpellent et interrogent.

Avons-nous rencontré des chrétiens, des vincentiens heureux  de vivre et donc  de rayonner ?

Un message qu’il n’est pas inutile de méditer par temps de pluie  ou de soleil, en cette fin de vacances, à l’orée d’une année qui s’annonce déjà bien remplie ,aux abords du 200e anniversaire de la naissance de Frédéric Ozanam !

“J’ai eu la chance de rencontrer dans ma jeunesse des chrétiens doués d’un formidable goût de vivre. Ils me disaient comment on devient le cavalier d’un cheval fou. J’ai vu ensuite trop de gens qui m’enseignaient aussi  à vivre mais sans folie, en n’exhibant d’eux-mêmes  qu’une existence chétive.  Heureusement l’Evangile est là ! Il nous invite à déployer toutes nos voiles pour tous les vents. «  Je suis venu pour que vous viviez au maximum”

C’est bon d’être né ! Je le crois, dur comme fer, et pour deux raisons. D’abord, Dieu nous aime et il ne peut nous refuser les moyens de tirer de notre vie les bonheurs qu’elle recèle  puisque  c’est son cadeau d’amour. Ma deuxième raison est plus concrète. J’ai pu observer des personnes qui, effectivement,  tirent de la joie là où j’aurais été tenté de ne voir que des coups durs et des ratages. Mon espérance se nourrit de la vision de ces vies heureuses, il faut oser le dire, puisqu’elles rayonnent, et  sont incroyablement remplies  malgré les handicaps.

Le pouvoir de vendanger la joie, même dans les pierres et les épines, c’est le goût de vivre, première richesse parce que richesse source, capacité de détecter ce qui épanouit. L’inverse existe, hélas, une sorte d’affreuse aptitude  à ne voir que le mauvais côté des choses et des gens. Mais c’est la joie qui est dans le vrai ;  la tristesse nous trompe !

Pour développer  très tôt chez les jeunes ce goût de vivre, les exhortations ne servent guère. Ils n’écoutent pas. Mais ils regardent, ils sont gagnés par une certaine manière de risquer  qui leur prouve que nous croyons d’abord à la fougue du cheval fou et en second lieu seulement aux impératifs de la raison (le bon cavalier). Le calcul seul fait des vies rétrécies, sans aventures. Si François d’Assise avait calculé ! … »

« Cette méditation a pu donner l’impression d’une quête de joie individualiste. Mais quand le goût de vivre est vraiment puisé dans l’Evangile, il tend de lui – même à déboucher sur une bien plus grande puissance de joie : le goût de faire vivre.

L’amour est le seul climat où puisse naître et s’épanouir cette qualité de joie dont parle Jésus dans l’extraordinaire  texte de Jean (15,5-17) «  Pour que ma joie soit en vous, aimez ! » Ce lien entre la joie et l’amour est un des sommets de la Révélation. Lorsque nous aimons, et cela veut dire que nous sommes en souci du bonheur d’un autre plus que de nous-mêmes, nous avons franchi une frontière, nous sommes dans le jardin de joie de Dieu »

La joie,  disait un mystique, n’est pas toujours le fruit d’un savoir vivre ou d’une satisfaction obtenue, elle réside le plus souvent dans la perspective d’une rencontre et dans la rencontre elle-même. C’est  ce que confirmeront volontiers les amoureux ou  les  adolescents  en présence de leur  star. En effet, chacun peut en faire l’expérience : enracinée dans l’amour, la rencontre donne des ailes et provoque une cascade d’actions positives en faveur d’autrui. N’est-ce pas la rencontre avec le pauvre, avec l’exclu qui transforme le cœur du vincentien ?

La joie de vivre et de communiquer sa foi, son espérance, son enthousiasme,  être le « grain capable de soulever des montagnes »,  telle est notre vocation. Notre Fondateur et notre Saint Patron n’ont-ils pas montré le chemin ? A la suite de Jésus, ils  se sont donnés  sans retenue  et ont  ainsi ramené des  milliers de personnes et de familles à la vie.    Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice !

Les béatitudes, une charte  morale tellement héroïque qu’elle décourage toute tentative de la vivre ?  Non, il s’agit plutôt d’une  sorte de description  de qui est Jésus Christ. Il est le pauvre, le doux, l’affligé, l’affamé, le miséricordieux, le cœur pur, l’artisan de paix, le persécuté pour la justice.

Le chemin de Jésus dessine la vocation chrétienne qui est celle des Béatitudes. Il y est question de vivre, non pas de manière étriquée et comme à « l’économie » mais de vivre pleinement  sa vocation d’homme qui est de participer à la vie de Dieu. (2 Pierre 1,4) Le bonheur est envisagé ici comme le contraire de la fatalité, comme l’antidestin. Il est le dynamisme qui mobilise l’existence.

Pour vivre heureux,  faisons  provisions de petits bonheurs,  exerçons nos yeux à percevoir  les merveilles de la création  et le visage de Dieu dans celui de nos frères, répondons aux appels de ceux qui mendient l’attention, la tendresse, l’écoute, le pardon, la justice, le partage.

Pour que notre joie rayonne, laissons-nous  d’abord habiter par « le chant intérieur » , puis osons  la vie, osons la rencontre, parions sur l’avenir,  innovons des structures qui permettent  aux hommes de  se remettre en route   et de trouver le goût de vivre.

Pour que notre joie soit pure et vraie, aimons  notre prochain comme nous-mêmes.

“Celui qui aime  voit continuellement Dieu présent, trouve sa satisfaction à penser à lui et passe insensiblement  sa vie en contemplation”

Vincent de Paul

“Quand le cœur est joyeux, il y a un chant intérieur qui s’y fait entendre et qui ne trouble pas les devoirs sérieux de l’esprit”

Frédéric Ozanam

“Celui qui aime court, vole et se réjouit : il est libre et rien ne le retient”

Frédéric Ozanam

Christiane Preud’homme

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Une Vincentienne nous écrit:

Une Vincentienne nous écrit:

Un Amour qui enflamme la terre

“Sous les feux de la rampe”, “Le coup de feu”, “Aller au feu…”, “Etre tout feu, tout flamme… ”, “Il n’y a pas le feu”

Oui, il y a le feu. Oui il est urgent de rallier, dans notre Société de Saint-Vincent de Paul et au-delà, les forces vives imprégnées d’humanisme, inspirées par les dons de l’Esprit Saint, afin de combattre et de réduire à néant les formes du mal, sachant à quel point ce dernier est incompatible avec l’idéal du Dieu révélé par Jésus de Nazareth.

“Si l’Amour de Dieu est un feu, l’ardeur en est la flamme”

( Vincent de Paul).

Le feu exige une intervention rapide, foudroyante ; le feu exprime le zèle, l’ardeur, la passion, l’amour. Il est donc immanquablement lié au combat, à la lutte, à l’engagement politique et social. Ce qui implique épreuve, souffrance, don de soi, voire jusqu’à la mort. Le Christ n’en a pas fait l’économie, ses disciples non plus ! C’est à ce prix que ces paroles tant de fois répétées deviennent efficaces : “Que ton Règne vienne , que ta volonté soit faite…”

Alors, à la suite de Vincent de Paul et de Frédéric Ozanam, approchons du buisson ardent et laissons-nous embraser. Par ailleurs, puisons à la source de l’Amour infini, le seul capable d’ abreuver en eau vive, de réveiller ou d’éveiller les consciences et de transformer les cœurs. L’Amour du Christ est un feu communicatif. Il détruit sans anéantir. S’il débarrasse des encombrants, il fertilise et fait renaître.

En cette année européenne du volontariat, osons transmettre notre flamme, osons montrer la source de notre ardeur !

“j’ai vu la misère de mon peuple…” Exode 3,7- 10

Comme le Dieu de Moïse, Jésus a vu la misère de son peuple et des hommes qu’il rencontre. Il observe « un troupeau sans pasteur », il pleure sur Jérusalem, il s’émeut devant la Samaritaine, il se penche sur la femme adultère, il aborde Zachée, il dîne chez Mathieu…

Dans le mendiant, l’infirme, le malade, la prostituée, Jésus voit l’humanité bafouée, il voit l’Alliance effritée. C’est pourquoi, il s’engage à détruire ce qui assujettit, emprisonne et anéantit l’homme, l’humanité. Il baptisera donc dans l’Esprit et le Feu jusqu’à affronter la violence des siens. Il agira ainsi jusqu’au bout.

Nourri des Ecritures, Jésus s’inspire des patriarches et des prophètes envoyés pour libérer le peuple des idoles  et pour ramener les hommes à l’Alliance, au Vrai Dieu, à l’Unique, à l’Eternel. Dans le concret de son existence, à travers ses actes quotidiens, Jésus montrera ce qu’Aimer signifie réellement c’est-à-dire comment adorer en Esprit et en Vérité.

Après son baptême, Jésus est «poussé au désert par l’Esprit »(Mc 4,1-11). Autrement dit, la force spirituelle qui l’habite l’invite à se mettre à l’écoute de lui-même et de Dieu, à comprendre ce qu’il doit encore brûler en lui pour être totalement offert au Père et au peuple d’Israël.

Au cours de sa mission, Jésus démontrera que l’homme ne se nourrit pas que de pain et que s’inventer des faux dieux conduit l’être profond au désastre.

Les vincentiens savent bien que derrière la demande d’un colis se cache un vide intérieur à combler, que les doutes et les peurs paralysent, que l’attrait du pouvoir détourne du chemin de liberté.

Un cœur brûlant d’amour acère le regard ! «On ne voit bien qu’avec le cœur», disait le renard au Petit Prince !

“Je suis venu apporter le feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il fût déjà allumé !”

(Luc 12,49…)

Il faut faire vite, il y a urgence, le mal doit être terrassé, la Vie et l’Amour doivent triompher ! Jésus manifeste ici son impatience et interpelle vigoureusement l’ensemble de ses disciples. Prenons donc les armes les plus adéquates et abattons tout ce qui bafoue la dignité humaine et empêche l’homme d’accomplir son humanité voire d’approcher sa qualité de fils de Dieu !

Un feu nouveau a été allumé .Vincent de Paul et, plus tard, Frédéric Ozanam en ont été marqués.

A nous, aujourd’hui, de prendre la relève, de combattre les idoles : l’avoir et le pouvoir, la course aux besoins superflus. A nous de prôner une manière de consommer et un art de vivre plus sobre, plus simple, plus naturel. A nous de remettre les hommes debout en créant des synergies, en nous ouvrant davantage aux réseaux déjà établis.

Affirmons notre identité vincentienne et, à l’instar de Frédéric Ozanam, veillons à « enserrer le monde dans un réseau » d’amitié , à inventer des méthodes de développement et d’émancipation en faveur de nos frères et sœurs d’ici et d’ailleurs.

A l’heure actuelle il est nécessaire que les vincentiens se concertent et se fixent des objectifs à court et à long terme. Les centres et conférences doivent s’accorder avec les CPAS, s’entendre avec les fédérations des écoles de devoirs, les centres de guidance et les associations de quartiers,…

“Dieu seul sait mes luttes internes, mes combats spirituels avec le mal, la déception, l’égoïsme des gens. Mais le courage et la joie des plus pauvres m’ont fait reprendre pied” Père Pedro OPEKA, Lazariste.

Vivre en Esprit et en Vérité est un rude combat qui suscite des dissensions, même au sein de sa propre famille, mais que permettront de surmonter le partage fraternel, l’entraide, la prière, l’attachement aux pauvres et aux « petits »…

Pour vivre en plénitude dans l’Alliance luttons contre les préjugés, les fausses croyances, les forces du mal et remettons les hommes debout en usant de stratégies nouvelles dictées par le respect, la confiance et l’humilité.

Dès lors, approchons-nous du buisson ardent et devenons des brasiers d’amour.

“La civilisation de l’Amour empêchera le monde de tomber dans le non sens” Jean-Paul II

Christiane Preud’homme

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