Warning: Use of undefined constant wp_cumulus_widget - assumed 'wp_cumulus_widget' (this will throw an Error in a future version of PHP) in /home/clients/0133f1dbd80175dc7134df4de5476974/web/vincentdepaul_be_echos/wp-content/plugins/wp-cumulus/wp-cumulus.php on line 375
juillet 2012 – Echos Vincentiens

Archives de
Mois : juillet 2012

Haïti, Zafèn fête son deuxième anniversaire avec un bilan plus que positif.

Haïti, Zafèn fête son deuxième anniversaire avec un bilan plus que positif.

Zafèn a dépassé le seuil de 1 million de dollars de dons à l’occasion de la commémoration de sa deuxième année. Par ses actions locales, Zafèn aide à la reconstruction d’Haïti.

Les soutiens de Zafèn, partout dans le monde, ont récoltés un montant de 614.000$ de dons qui ont été consacrés à des projets à orientation sociale (tels que, financement des frais de scolarité pour l’école primaire, fourniture de filtres à eau pour arrêter la diffusion du choléra,…).


Grace à l’implication de la Famille Vincentienne près d’un demi-million de dollars ont été récoltés pour le programme “Chemen lavi miyò” (Chemin pour une vie meilleure ) de Fonkoze. Par ce biais plusieures centaines de familles rurales parmis les plus pauvres d’Haïti peuvent participer à un programme qui leur permet de construire une maison stable avec sanitaires, d’inscrire leurs enfants à l’école, de développer des activités professionnelles leur permettant d’assurer leur autosuffisance. En se basant sur la taille moyenne d’une famille en Haïti, près de 2.000 personnes, parents et enfants, bénéficient de ce programme.


Comme le dit le R.P. Joseph Agostino, C.M., coordonateur pour le projet Haïti de la Famille Vincentienne “Fournir des opportunités qui responsabilisent ceux dans le besoin afin de briser le cycle déshumanisant de la pauvreté, se trouve au coeur de la mission vincentienne. Les saints, Vincent de Paul et Louise de Marillac ont fait ceci au 17ième siècle en France; nous continuons de le faire aujourd’hui en Haïti et dans le monde entier”.


De plus, 428.000$ ont été prêtés à 110 petites entreprises haïtiennes depuis le début de ses activités en avril 2010.


En tout, 760 nouveaux emplois ont été créés (plus de 250 des emplois sont à temps plein, alors que 197 sont à temps partiel et 311 sont des postes contractuels ou saisonniers).
Des emplois pour gagner un revenu adéquat et assurer un niveau de vie décent pour leurs familles : c’est ce que veulent la plupart des haïtiens, hommes et femmes. Pas simplement de la charité” nous dit Carine Roenen, directrice à Fonkose, la banque haïtienne alternative pour les démunis. Zafèn opère dans le cadre d’un programme de Fonkoze.


Pour mémoire:


Zafèn, qui veut dire « C’est nos affaires » en créole haïtien, est un projet établi pour aider à la reconstruction d’Haïti suite au terrible tremblement de terre. Il est unique dans ses critères car les entreprises doivent démontrer l’impact prévu du prêt ou du don sur la communauté (création d’emplois, gestion plus efficace, développement écologique,…).

Zafèn a été fondé en 2010 par quatre organisations : la Famille Vincentienne Internationale (ensemble des organisations qui s’inspirent de l’héritage de saint Vincent de Paul et sainte Louise de Marillac), l’Université DePaul à Chicago (la plus grande université catholique en Amérique), Fonkoze (banque haïtienne alternative pour les démunis – plus de 200.000 clients) et le Haitian Hometown Associations Resource Group (qui permet à la diaspora haïtienne de promouvoir la croissance économique et sociale afin d’alléger la pauvreté dans leurs communautés locales).

Amour véritable et engagement courageux

Amour véritable et engagement courageux

“Pour moi, écrire, c’est dire Dieu et dénoncer la misère des plus pauvres de nos frères et sœurs” (Guy Gilbert )

 

Les Vincentiens reconnaîtront aisément les accents de leur saint patron et de leur bienheureux fondateur à travers les lignes qui vont suivre, lignes extraites de deux ouvrages de Guy Gilbert , dit le prêtre des loubards : « Les Petits Pas de l’amour » et « Ma religion, c’est l’amour »

Des constats et des interpellations qui ne manquent pas de réveiller , en premier lieu, les chrétiens, de les pousser impérieusement vers une vie toute donnée et animée par amour vrai des plus pauvres ! C’est toutefois avec énormément de tendresse que, dans ses préfaces, Guy Gilbert s’adresse aux récepteurs : “Je te dédicace, à toi lecteur, jeune ou ancien, ce livre. Puisse-t-il t’aider à mettre davantage de lumière dans tes yeux et d’amour dans ton cœur.” Ou encore : “Que Dieu puisse te donner la force de bâtir sur terre une civilisation d’Amour”

 

“Foi, Espérance, Charité : voilà les trois anneaux de la chaîne merveilleuse qui rattache l’existence présente à l’existence future, et qui pour cela s’appelle religion.” (bienheureux Fédéric Ozanam)

A propos de la nouvelle évangélisation, Guy Gilbert cite l’exhortation de Jean-Paul II “Engagez-vous temporellement et spirituellement” puis il développe le devoir de vivre la communion avec les plus petits des frères dans le don total de soi , l’amour gratuit et le service d’un “plus grand que soi”. L’auteur en appelle à la cohérence entre prière et action, entre foi et charité : “Si notre priorité ne va pas vers les plus pauvres, notre spiritualité sera bancale, fade et sans consistance. Vie et spiritualité sont liées de façon indissociable” Frédéric Ozanam n’aurait pas contredit cette affirmation puisqu’il écrivait lui- même à Ernest Falconnet , en 1834 : “Les idées religieuses ne sauraient avoir aucune valeur si elles n’ont pas une valeur pratique et positive. La religion sert moins à penser qu’à agir…”

G.G épingle ici un bel exemple de cohérence : “cette carmélite, qui écrit au fond de sa cellule à un taulard qui en a pris pour vingt ans, garde, dans sa vie où tout est prière, cet équilibre. Ce dialogue d’amour de cellule à cellule la fera rejoindre le plus pauvre parmi les pauvres … Notre prière a été longtemps décollée de notre action. Vatican II a remis les pendules à l’heure pour qu’une Eglise de plein vent reçoive le souffle du monde à travers ses fenêtres grandes ouvertes.”( GG)

“Retournez la médaille et vous verrez le visage de Dieu” ( saint Vincent de Paul)

 •

La louange qui va suivre, peut être aussi celle proclamée par un abbé Pierre , une sœur Emmanuelle ou un membre de la Société de Saint-Vincent de Paul . L’auteur nous invite maintenant à changer notre regard et à retourner la médaille…

 

“Quel combat journalier pour porter sur l’autre un regard neuf, un regard d’amour bienveillant !

Sans estomper ses défauts, quelle lutte pour chercher toujours chez l’autre l’être lumière enfoui dans un magma peu alléchant, parfois repoussant !

Quelle joie de voir des yeux s’illuminer quand on repère la part de cristal dans un être et qu’on la lui révèle ! Quel chemin d’allégresse quand on découvre, au travers des sentiers escarpés longeant une terre aride, la prairie fraîche piquée de fleurs odoriférantes.

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus a merveilleusement décrit le chemin de la charité parfaite. Il consiste d’abord à supporter les défauts des autres, le seul moyen étant de connaître les siens d’abord. « Ensuite, dit sainte Thérèse, s’étonner de leurs faiblesses. » Ce qui sous-entend un a priori favorable à l’autre, d’où notre étonnement quand on le découvre faible. « S’édifier des plus petits actes de vertu qu’on leur voit pratiquer », termine la petite sainte.

Elle conclut que ces trois points sont le secret de la charité parfaite.”

 •

Aimons Dieu, mes frères, aimons Dieu, mais que ce soit aux dépens de nos bras, que ce soit à la sueur de nos visages” ( saint Vincent de Paul)

Le catéchisme enseigne aussi qu’il s’agit d’aimer son prochain comme soi-même, de toutes ses forces et de toute son âme ! Pas de demi-mesures dans l’évangile !

 

Dans les lignes qui suivent, le prêtre- éducateur pousse à se mouiller, à se donner du mal, à s’engager à fond et de vivre aux côtés des pauvres. C’est seulement alors qu’il sera possible de les connaître, de découvrir leurs richesses, leur face divine, de voir que Dieu dort en eux.

“Quand j’entends tant de chrétiens bien dans leur peau, respirant la santé, et n’ayant pas peur du lendemain grâce au confort acquis, clamer Dieu sous toutes les coutures, je me demande parfois si le Saint Esprit européen qui les anime n’est pas raciste…

Les pauvres, les chômeurs, les délinquants sont aimés avec passion par de nombreux chrétiens…en parole. Les petits sont mentionnés aujourd’hui plus que jamais. Faudrait-il encore qu’ils aient d’abord ce qu’il faut pour vivre et surtout le ventre plein, pour que toute parole évangélique inspirée les atteigne.

Pourquoi le Saint Esprit semble-t-il souffler en grande majorité de la bouche des nantis ? Pourquoi les écrasés et les piétinés de la terre sont-ils si peu inspirés ?

Les pauvres ne nous évangéliseraient-ils pas faute de savoir, de moyens, donc de micros et de stylos ?

On ne nous dira jamais assez que le petit ne nous évangélisera jamais par sa parole, mais par sa vie d’abord. Encore faut-il vivre à ses côtés assez longtemps pour déceler que Dieu dort en lui, de façon constante, forte et déterminante ! Je vois souvent des chrétiens proclamer l’Esprit Saint dormant chez les plus pauvres de leurs frères et sœurs. Ils les ont côtoyés juste assez pour leur voler quelques perles et proclamer celles-ci urbi et orbi.

Notre maladie de chrétiens européens est bien celle de filtrer juste assez avec les exclus de nos sociétés pour nous en préoccuper, prier pour eux et les magnifier. Mais nous en restons-là, la plupart du temps. Notre vie ne change pas. Simplement nous pactisons avec l’air évangélique du temps qui fait que l’on ne peut réciter la prière universelle sans qu’ils soient mentionnés.

Notre religion, qui est celle des exclus, des esclaves et des opprimés en priorité, est souvent détournée à notre profit, à nous qui savons et possédons, en appuyant notre prière seulement sur ceux qui n’ont rien, ne savent rien et ne valent rien.”

“Que la charité fasse ce que la justice seule ne saurait faire » « …Cependant la justice a ses limites ; la charité n’en connaît pas” ( bienheureux Frédéric Ozanam)

“Notre société a des pauvres, des malades, des prisonniers, des étrangers, des chômeurs en piteux état. L’Etat semble se battre pour leur apporter soutien et amélioration de leur sort. Que font tant de chrétiens si bien inspirés pour se lancer dans la bagarre immédiate, quotidienne, pour une solidarité et un coude à coude qui les feraient passer de la prière à l’action ?

Une des erreurs fondamentales du Français, c’est de croire que seul l’Etat peut remédier à tout : chômage, délinquance, pauvreté, misère, insécurité…” ( G.G)

Encore une fois, les disciples du Christ d’hier et d’aujourd’hui sont d’accord : seul l’Etat ne peut tout faire ; tout chrétien est responsable du présent et de l’avenir de son prochain, chacun, suivant sa vocation et son charisme. Mais le coude à coude et la solidarité doivent se développer davantage. La lutte contre l’individualisme et le repli sur soi doit être sans merci. C’était déjà un cheval de bataille de Frédéric Ozanam : “On vit une vie industrielle et matérielle ; chacun avise à sa commodité personnelle, à son bien-être particulier… L’ordre matériel, une liberté modérée, du pain et de l’argent, voilà tout ce que l’on veut…” ( 15 janvier 1831)

Bruno Dardelet, le président du Conseil national de France déclarait récemment : “Contre la solitude , nous sommes tous la solution”. Il en est de même pour bien de facettes de la misère.

 •

“J’ai peine de votre peine” (saint Vincent de Paul)

La compassion est le propre de Dieu, elle est le propre du Christ. Tout vincentien, tout chrétien est appelé à ressentir la peine de son frère et de passer de l’amour affectif à l’amour effectif . A l’instar de saint Vincent de Paul, Guy Gilbert relève combien la compassion est essentielle :

“Le Christ, en prononçant le “Bienheureux les pauvres” n’a pas fait l’éloge de la pauvreté, de la misère et de la souffrance. Etre pauvre ne constitue pas un bonheur en soi. Le Christ a simplement été touché par la souffrance de celui qui a faim. Le Cœur de Dieu saigne de voir l’immense majorité des humains n’avoir pas accès à une vie digne.

Crever de faim, ne pas savoir où loger, n’avoir pas droit à la culture, est une injustice fondamentale, criante mais qui, souvent, ne fait que nous bouleverser, sans plus.

Le Christ nous invite à éprouver de la compassion pour les plus démunis et à nous mettre en marche pour partager leur vie.( amour affectif et effectif)

Notre combat doit nous rendre inventifs à l’infini. De la plus modeste réalisation à la plus élaborée, l’homme peut, en sortant de son égoïsme, opérer des merveilles pour changer le monde, là où il est.”

“Celui qui aime court, vole et se réjouit : il est libre et rien ne l’arrête” (bienheureux Frédéric Ozanam)

 Face à l’immensité de la misère des hommes et aux dangers qui menacent la planète, et, par ailleurs, face à la difficulté d’assurer la survie de leurs centres et de leurs conférences, faute souvent de bénévoles, les Vincentiens sont appelés à relever la tête et à revenir à la source de leur engagement : l’amour et l’espérance invincible auxquels les convoque le Ressuscité. Le prêtre des loubards ne dit pas autre chose lorsqu’il évoque l’exemple de sœur Térésa.

“Elle a répondu à un appel impérieux et mystérieux de Dieu. A corps perdu, elle s’est jetée dans la bagarre à mains nues, sans moyens. Elle était bien seule, la nuit où elle a découvert un vieil Hindou mourant dans un caniveau, dévoré par les rats. Des dizaines d’années après, la terre entière la connaissait. Son action a suscité dans le monde d’innombrables bénévoles. “Fais et ça se fera”, cette maxime, elle l’a vécue et l’a fait vivre au-delà de l’imaginable”

Certes, tous les héros de la foi et de la charité l’ont expérimenté, Frédéric Ozanam en témoigne aussi quand il dit : “Il suffit d’un fil pour commencer une toile” (bienheureux Frédéric Ozanam)

 

“Le combat pour l’action, lié à la prière, est de la véritable dynamite dans la vie des jeunes chrétiens” (Guy Gilbert)

Souvenons-nous-en : la Société de Saint -Vincent de Paul fut fondée par des jeunes en 1833 ! Le bicentenaire n’est plus très loin … A cette date, un groupe de sept amis, des étudiants , avec à leur tête Frédéric Ozanam, ont refusé l’inégalité sociale, ont combattu pour la solidarité et se sont engagés socialement et politiquement au nom de leur foi et de l’amour des plus pauvres afin de revendiquer les droits des deux millions d’indigents français et de faire triompher l’égalité et la justice . Les réticences et les oppositions, y compris des catholiques, l’indifférence et la passivité ne les ont pas empêchés de se lancer dans l’action, de devenir les précurseurs du radical-socialisme français et de défier une société en proie à la misère noire, à la lutte des classes, aux insurrections, aux violents conflits des factions politiques. Armés de convictions et de valeurs humanistes répercutées par “l’Ere Nouvelle”, journal au souffle inédit , ils ont été des guides et des pionniers pour leur génération, des ferments dans la démocratie chrétienne et dans l’Eglise forcée à être plus engagée, plus sociale, plus évangélique.

Fort de son expérience auprès des jeunes de la JOC, des JMJ , des loubards, en tant qu’éducateur , qu’aumônier ou qu’accompagnateur de jeunes, Guy Gilbert mise sur les atouts et l’espérance qui habitent encore beaucoup de jeunes. Interpellant les adultes, les anciens, ses réflexions se font l’écho de celles de Frédéric Ozanam quand, âgé de 20 ans, celui-ci mobilisait ses amis et s’engageait avec eux au nom de la charité et de la justice

“On croit peut-être que la nouvelle évangélisation c’est clamer Dieu partout, ou se rassembler pour affirmer, chauffer notre identité chrétienne.

Il y a un grand risque dans ce type de rassemblement. Ce n’est pas entre eux que les chrétiens doivent chercher qui ils sont… mais dans le monde qui les entoure.

Que visiblement nous nous rassemblions (c’est l’Eucharistie qui le réalise le mieux) pour consolider, affermir notre foi , est nécessaire. Mais méfions-nous de tout ce qui peut échauffer notre nombril, et nous amène à nous replier sur nous et à nous couper de ceux et celles qui ne peuvent voir Dieu que dans nos vies.

Je pense que Dieu m’a toujours précédé dans le cœur des loubards. J’étais offensif au début, prêt à leur dire Dieu à tout bout de champ. Le long combat à leur côté, mes pas dans leurs pas, m’a appris que Dieu les habitait et qu’il fallait Le recevoir et l’Accueillir en eux. Je pensais leur donner Dieu… Ils m’ont appris mystérieusement que ce sont eux qui me l’offrent tous les jours … Jésus est allé en avant, toujours, pour libérer, amener le souffle de l’Esprit. Nous devons nous appuyer sur nos manques et nos erreurs pour, nous aussi, aller de l’avant. Sans peur. Sans retour en arrière. Le monde actuel, tel qu’il est, doit être saisi tel qu’il est. Qu’il soit violent, raciste ou indifférent, Dieu nous a donné de vivre dans ce monde-là, tel qu’il est. Et il nous faut l’aimer tel qu’il est.” (Guy Gilbert)

Alors que la Conférence de Saint-Vincent de Paul commence à se développer, Frédéric Ozanam écrit à Ernest Falconnet : “Nous autres, nous sommes trop jeunes pour intervenir dans la lutte social : resterons-nous donc inertes au milieu du monde qui souffre et qui gémit ? Non, il nous est ouvert une voie préparatoire : avant de faire le bien public, nous pouvons essayer de faire le bien de quelques-uns ; avant de régénérer la France, nous pouvons soulager quelques-uns de ses pauvres”…

De telles paroles sont le fruit de la compassion, de l’amour véritable de Dieu et des plus pauvres. Elles proclament la nécessité impérative de s’engager afin d’ émanciper et de libérer les exclus, les petits, les faibles .

Ces cris de prophètes retentiront-ils aux oreilles de notre jeunesse ?

Comment les Vincentiens du 21e siècle parviendront-ils à soulever les jeunes, à rallumer le feu ?

Ch. Preud’homme.