Aide aux pauvres: les Etats doivent assurer le maintien du programme européen

Aide aux pauvres: les Etats doivent assurer le maintien du programme européen

A la dernière réunion des ministres européens de l’Agriculture, six Etats, parmi lesquels l’Allemagne et le Royaume-Uni, s’étaient opposés à la poursuite en l’état du programme, estimant qu’il relevait de la politique sociale des Etats et non du budget européen.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a appelé mercredi les 27 Etats européens à s’entendre pour assurer le maintien du programme européen d’aide aux pauvres, menacé dès l’an prochain d’une réduction drastique faute d’accord.

« Actuellement, nous avons besoin d’agir pour aider les 80 millions d’Européens menacés de pauvreté. Cela signifie que le Conseil (où siègent les 27 Etats de l’UE) doit finalement approuver notre proposition pour maintenir le programme de délivrance d’aide alimentaire aux personnes les plus démunies », a souligné M. Barroso lors d’un discours devant les députés européens à Strasbourg.

Il a également « remercié » les eurodéputés « pour le soutien politique » qu’ils ont déjà apporté en juillet à la proposition de la Commission européenne.

Les élus européens ont à nouveau unanimement condamné mercredi les gouvernements responsables du blocage, les appelant à « revenir à la raison ». « Quand il s’agit de sauver les banques, le Conseil sait trouver les solutions, quand il s’agit des banques alimentaires il n’y a plus personne ! », s’est insurgée la française Karima Delli (Verts).

Le Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD) avait été lancé en 1987 sous l’impulsion du président de la Commission européenne de l’époque, Jacques Delors, à la suite de l’appel du fondateur des « Restos du Coeur », l’humoriste français Coluche, en utilisant les excédents agricoles européens.

Mais ce programme, qui bénéficie à quelque 18 millions de personnes, risque de passer de 480 millions d’euros cette année à 113,5 millions d’euros en 2012, du fait d’un arrêt de la Cour européenne de justice. La Cour a jugé que ce programme avait été dénaturé au fil des ans, car les excédents agricoles qui l’alimentaient ont pratiquement disparu, au point d’être supplantés ces dernières années par des achats massifs de nourriture, financés par la Politique agricole commune (PAC).

A la dernière réunion des ministres européens de l’Agriculture, six Etats, parmi lesquels l’Allemagne et le Royaume-Uni, s’étaient opposés à la poursuite en l’état du programme, estimant qu’il relevait de la politique sociale des Etats et non du budget européen.

Les tractations se poursuivent désormais en coulisses pour convaincre au moins un des Etats réfractaires (la République tchèque, la Suède, le Danemark et les Pays-Bas en font aussi partie) de changer d’avis, et faire ainsi voler en éclats cette minorité de blocage.

« Il est déplorable qu’au moment où, avec la crise, le nombre de personnes qui ont besoin de ce programme augmente, la sensibilité sociale et la solidarité soient en régression chez certains hommes politiques », a regretté mercredi au Parlement le ministre de l’Agriculture polonais Marek Sawicki, dont le pays assure actuellement la présidence de l’UE.

« Il n’y a aucune contre-indication budgétaire ou légale pour que le programme actuel puisse être poursuivi », a-t-il martelé, rappelant que 500 millions d’euros y ont été affectés dans le budget communautaire, et que des propositions techniques ont été mises sur la table pour surmonter l’obstacle légal

source: afp

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Une réaction au sujet de « Aide aux pauvres: les Etats doivent assurer le maintien du programme européen »

  1. Des surplus, il y en a sans doute. Car partout, on jette beaucoup. Réorientons la politique, mais ne supprimons pas l’aide aux démunis.

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