Pourquoi êtes-vous entré dans la Société de Saint-Vincent de Paul ?

Pourquoi êtes-vous entré dans la Société de Saint-Vincent de Paul ?

Chère Consœur, Cher Confrère,

Tous, au hasard d’une rencontre, d’une visite nous avons déjà entendu : “Pourquoi m’aides-tu ?”, “Pourquoi fais-tu partie de la Société de Saint-Vincent de Paul ? ”,  “Pourquoi viens-tu me rendre visite ?”

Pourquoi…….? Questions embarrassantes, réponses hésitantes car souvent, nous n’y avions jamais pensé tellement il nous paraissait évident de venir en aide à celle, à celui qui, à un moment donné de sa vie, s’est trouvé confronté à des difficultés, des problèmes dont il ne pouvait trouver, seul, la solution. Aujourd’hui, à la lecture de cet éditorial, je propose que vous vous posiez deux questions et que vous réfléchissiez aux réponses qui vous viendront à l’esprit. Pourquoi me suis-je investi(e) dans l’aide aux autres ? Pourquoi ai-je choisi la Société de Saint-Vincent de Paul pour constituer le cadre de mon engagement ?

A mon sens, ces questions trouvent une partie de leurs réponses dans deux valeurs, deux attitudes dont les définitions sont souvent considérées comme synonymes, Charité et Philanthropie. Pourtant, si ces deux comportements poussent aux mêmes actes, ils ne s’appuient pas sur les mêmes référents qui les sous-tendent. En effet, la Charité fait clairement référence au monde de la religion, du Christianisme et au commandement que Jésus nous a laissé:  “Aimez-vous les uns les autres”. Dans l’histoire, la Charité appartient à un monde où Dieu est le centre de la pensée, l’inspiration de tous les actes.

Quant à la Philanthropie, elle se rattache à cette conception chère aux philosophes du 18è siècle qui considéraient l’homme comme le centre du monde celui-ci justifiant ses actes de solidarité par la fraternité humaine.

A la lecture de ces deux définitions, il est évident que l’action vincentienne trouve sa place au sein de la Charité, ce sur quoi Frédéric Ozanam insistait en disant « La philanthropie est une sorte de charité mutilée, privée de sa dimension essentielle, l’amour de Dieu ».

Au travers de son encyclique “Caritas in veritate” Benoît XVI ne nous dit rien d’autre, nous faisant comprendre que c’est Dieu lui-même qui nous pousse à soulager la misère en disant “Le spectacle de l’homme souffrant touche notre cœur, fait observer le pape. Mais l’engagement caritatif a un sens qui va bien au-delà de la simple philanthropie. C’est Dieu lui-même qui nous pousse de l’intérieur à soulager la misère. Ainsi, en définitive, c’est lui-même que nous apportons au monde souffrant.»

Et le pape d’ajouter « Cette activité, au-delà de sa première signification très concrète d’aider le prochain, possède essentiellement aussi celle de communiquer aux autres l’amour de Dieu, que nous-mêmes avons reçu. Elle doit d’une certaine façon rendre visible Dieu ».

Alors Chers Confrères, comme le demandait notre fondateur et comme le demande après lui Benoît XVI, portons, transpirons, témoignons de cet amour de Dieu pour les plus petits, les plus faibles.

Voilà la réponse à nos questions, voilà pourquoi aussi, au début de chacune de nos réunions il est important de confier au Seigneur le « travail » que nous accomplissons en son nom ou alors, faisons de la Philanthropie, mais en dehors de la Société de Saint-Vincent de Paul.

Léon Even

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